Victoire du NON au Traité de Lisbonne en Irlande: communiqué de Paul-Marie Coûteaux

Publié le par Jeunes Pour la France Paris

COMMUNIQUÉ
de Paul-Marie Coûteaux,

Président du Rassemblement pour l’Indépendance de la France (RIF), député français au parlement européen, vice-président du groupe Indépendance & Démocratie, directeur de L’Indépendance.

 


                                  Paris, 13 juin 2008

                                          

La victoire des Nations

 

La très nette victoire du non en Irlande confirme ce qu'annonce de toutes parts le XXIème siècle : le grand retour des nations. Elle s'ajoute au non que la France a opposé voici trois ans à la supranationalité européenne, suivie par la Hollande. Elle s'ajoute aussi à tout ce que nous savions, notamment grâce à une multitude de sondages convergents, de la résistance des peuples à la supranationalité de Lisbonne, au nom de ce qu’ils ont de plus précieux, le droit de disposer d'eux-mêmes, de se gouverner selon leurs principes et leurs intérêts propres, en d'autres termes leur souveraineté. Dans la très grande majorité des pays qui n'ont pas eu droit au référendum, ni pour le traité Giscard, ni pour son pauvre succédané de Lisbonne, les sondages indiquent un net refus du modèle supranational, supérieur à 60% en Grande Bretagne, en Autriche, en République Tchèque, en Hongrie, en Slovaquie, au Danemark, en Suède, en Pologne, en Grèce, et dans une moindre mesure au Portugal et en Italie : désaveu cinglant pour les parlements, qui ont ou auraient tous ratifié sans trembler (y compris en Irlande…) –désaveu aussi pour une certaine forme de démocratie parlementaire, si malade aujourd’hui. Ajoutons qu’il est plus que probable que le président tchèque M. Klaus refuse de signer la ratification au nom de la République tchèque, ce qui fait deux défaut de ratification au moins ; quant à M. Brown, gageons qu’il va hésiter longtemps encore avant de conduire à son terme la procédure de ratification en Grande-Bretagne.

 En somme, les oligarques de Bruxelles sont refusés par l'Europe dont ils portent si indument le nom. C'est la méthode Monnet qu’abattent aujourd’hui, avec la France et la Hollande, ce fier peuple Irlandais dont il faut saluer le courage (on se souviendra longtemps de l’incroyable menace de M. Kouchner, si obsédé à abattre toute trace de nation en Europe : « si les Irlandais votent non, ils en seront les principales victimes » -sic !-). On sait que la fameuse méthode consistait à s'en remettre au couple infernal que forment la Commission de Bruxelles et la Cour de Luxembourg pour construire par petites touches subreptices, à l'insu des peuples et contre eux, un Etat supranational chapeauté par Washington. Elle est morte. Son échec était d'ailleurs prévisible puisqu’elle revenait à créer l'Europe contre les règles élémentaires de la démocratie, dans le temps où l'on affirmait que ladite démocratie était son fondement même, l'ultima ratio de notre modèle politique. Cette contradiction, si caractéristique de toutes les idéologies démentes, pouvait d'autant moins tenir que l'Europe de Bruxelles niait dans le même temps l'ensemble du substrat culturel et civilisationnel de nos nations, leurs racines chrétiennes et leurs sources, Jérusalem, Athènes et Rome. Bruxelles échafaudait un Etat immense au dessus du vide, et ne pouvait que s'écrouler.


Q
uatre conséquences


         La première conséquence du vote irlandais est juridique. Comme le rappelle H. Védrine aujourd'hui même, tous les points de la présidence française (qu'ils soient justifiés ou non, là n'est pas la question) peuvent entrer en application sur le fondement du traité de Nice -évidence, d'ailleurs, puisque les dispositions de Lisbonne ne se seraient entrées en application qu'en 2009. Toute tentative de faire autrement que de rester dans le cadre de Nice ne serait qu'une forfaiture supplémentaire, tant il est vrai que tout traité doit être ratifié par chacun de ses signataires ou devient nul. Lisbonne est mort, Nice s'applique. Hélas, pour nos grandioses bâtisseurs, il fixait la répartition des voix au Conseil et des sièges au Parlement, en sorte qu'il sera lui aussi caduc dès qu'interviendra une nouvelle adhésion: ce n'est donc pas simplement Lisbonne et Nice qu'il faut remplacer mais tous les traités: en d'autres termes, édifier un nouveau traité fondateur pour une autre Europe.

La deuxième conséquence est toute entière politique. L'heure est venue de concevoir une autre Europe, respectueuse des Nations et d'organiser leur collaboration sur des nouvelles bases: lesquelles? comme nous l'avons demandé ici plusieurs fois ( c'est notre plan B que les médias refusent de prendre en compte) il faut supprimer la Commission Européenne et la Cour de Luxembourg, et placer le Conseil Européen et le Parlement de Strasbourg (à réunir, à terme, avec le Conseil de l'Europe), au service d'un ensemble de coopérations entre Etats, en privilégiant cinq domaines d’action: une politique coordonnée de la recherche, une politique industrielle, une politique commerciale (en réhabilitant notamment, en tout domaine, la préférence communautaire), assorties d'un pacte de défense véritablement européen (c'est à dire délivré de l'OTAN), ainsi qu’une surveillance accrue des frontières, renforçant des contrôles nationaux si mal assurés aujourd'hui. Cette autre Europe est possible : la France doit la proposer aux peuples, qui d'ailleurs n'en veulent aucune autre.

La troisième conséquence fut annoncée par un communiqué commun signé dès le 10 juin par mon ami Patrick Louis pour le MPF et moi-même pour le RIF : dès le 1er juillet, nous réunirons au sein du groupe Indépendance et Démocratie un Comité Permanent de Surveillance de la Présidence Française. Pas à pas, pendant six mois, nous "marquerons" ainsi la présidence française pour nous assurer qu'aucune de ses initiatives ne s'inscrit dans le cadre du traité de Lisbonne, puisque, désormais, son application est non seulement illégitime, mais illégale.

La quatrième conséquence est électorale: aujourd'hui, à un an exactement du vote, s'ouvre la campagne pour les Européennes. Le vote irlandais s'ajoute aux nombreux éléments qui annoncent une belle victoire des partisans de la souveraineté nationale et populaire. Les récents débats parlementaires ont d'ailleurs prouvé (p.e. sur les OGM ou le label Bio) quue les cadres fixés sur tout sujet par Bruxelles et Luxembourg, sont si contraignants que ce qui ne s’appelle plus le pouvoir que par dérision n’a plus grande marge -au point que les parlementaires eux-mêmes et jusqu'à bon nombre de députés UMP découvrent les conséquences de traités qu'ils ont ratifiés en catimini, et dans leur propre brouillard. L'objectif est évidemment de réitérer le "coup de 1999 " et de faire en sorte que nos listes devancent partout celles de l'UMP.

L'Etat major UMP est aux abois. Pour éviter la probable bérézina de juin 2009, il dispose de deux parades terribles: la première est la diminution du nombre des sièges français (il passera de 78 à 73) qui rendra l'élection plus difficile puisque la barre est mécaniquement relevée -il faudra obtenir de 8 à 10% des voix selon les régions. Il n'est d'ailleurs pas exclu que nos négociateurs aient d'autant moins défendu les sièges français (à la différence de l'Allemagne qui, bien qu'elle ait déjà un nombre de sièges proportionnellement supérieur à sa population, soit 99, n'en perdra que 2, soit beaucoup moins que la France !) qu'ils entrevoyaient ainsi l'occasion de se débarrasser de nous. La seconde ruse consiste à susciter des divisions en notre sein, et spécialement des candidatures contre nos députés sortants: une manœuvre du même genre, en 2004, a couté 3% à notre liste. Le but évidemment n'est pas d'obtenir des élus, mais de barrer les sortants, et nous empêcher d'obtenir les 12 ou 15 sièges désormais à portée de nous.

Je mets solennellement en garde tous les Français attachés à la souveraineté nationale et populaire, aux valeurs de la République et à l'indépendance de la France, contre ces manœuvres de diversion, et plus largement contre l'esprit de désunion qui nous a déjà tant rongé déjà, mais qui ne nous empêchera pas de vaincre : le rassemblement de toutes nos forces est plus que jamais nécessaire pour assurer ce dont la victoire des peuples contre leurs oligarchies, le 29 mai 2005 en France et aujourd'hui en Irlande, porte la promesse : la sauvegarde des patries, au premier rang desquelles la France, et sa civilisation. 

Publié dans Europe

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