Victoire idéologique de la droite ? Le commentaire de G. Peltier

Publié le par Jeunes Pour la France Paris

Depuis quelques semaines, que ce soit devant les militants UMP ou les représentants de l'Union Démocratique Internationale (UDI) qui rassemble soixante-dix pays de droite à travers le monde, le premier ministre François Fillon répète : "nous avons gagné la bataille idéologique. Nous sortons du relativisme culturel et moral que la gauche française des années 1980 avait diffusé dans le pays." Si l'on se fonde sur la succession des réformes menées depuis un an, le locataire de Matignon n'a pas tort : service minimum, retraites, régimes spéciaux, justice, sécurité, immigration,... aucune d'entre elles n'a soulevé d'opposition audible. Dernier exemple en date : mardi 8 juillet, l'adoption à l'Assemblée nationale du projet de loi sur le temps de travail a scellé le détricotage des 35 heures sans grande résistance, alors que c'était une réforme phare des années Jospin. Et les marqueurs traditionnels de la droite l'emportent aussi sur les autres thématiques liées au temps de travail et à l'activité économique : les "heures supplémentaires" plutôt que le "partage du travail", le "revenu de solidarité active" plutôt que "l'assistanat", les "devoirs" face aux "droits", le "sens de la responsabilité" plutôt que "l'impunité", le "service minimum" plutôt que les "grèves".
Mais l'économique n'est pas tout. Loin s'en faut, pour nous qui accordons le primat à l'Homme, à sa dignité et à son épanouissement. Et cette droite moderne, que je soutiens, qui a ringardisé une gauche ultra-conservatrice, se trompe sur deux sujets fondamentaux : l'Europe et la famille. La construction européenne, c'est une évidence, est devenue un obstacle à l'épanouissement des peuples. Leurs "Non" répétés le démontrent. L'Europe, cette belle idée, s'est perdue dans les méandres de Bruxelles, encouragés depuis trop longtemps par la droite frileuse des années Giscard et Chirac, et la gauche mondialiste de la génération Mitterrand. La droite du XXIème siècle n'échappera pas à une révolution dans ce domaine : la modernité européenne, c'est de bâtir "
une Europe protectrice, respectueuse des Peuples, des Nations, et des Libertés, qui nous permette de réguler la mondialisation" comme le disait parfaitement, dans son dernier ouvrage, Bronislaw Geremek, l'ancien ministre polonais des Affaires étrangères, chantre de "l'Europe réconciliée avec les Européens".
Et que dire des questions éthiques et familiales : la droite se rétrécit considérablement en se soumettant à la pensée unique d'une gauche pourtant à bout de souffle. Non, l'adoption d'enfants par des couples homosexuels n'est pas un progrès social ! Non, la légalisation des mères porteuses n'est pas synonyme de liberté supplémentaire pour les femmes, transformées en objets et en produits marchands !

La droite, pour achever sa mue et trouver le chemin de la modernité, a encore des progrès à faire. Le social-libertarisme n'est pas la solution, la société française en crève depuis les années 1970. En faisant ses propres révolutions européennes et familiales, elle gagnera la confiance des Français lassés des concessions répétées et inutiles à une gauche minoritaire. Et cette confiance, cumulée à la mise en oeuvre des belles paroles présidentielles, lui permettra enfin de rester durablement au pouvoir pour le plus grand bien des Français. Sans excès, ni caricature, mais avec souplesse, pédagogie et modernité, c'est tout le mal que je lui souhaite, que je nous souhaite.

Publié dans Actualité du MPF

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