L’Europe : un besoin à une idéologie. Histoire d’un détournement intellectuel.

Publié le par Jeunes Pour la France Paris


Être heureux et vivre en paix avec ses voisins sont deux choses différentes qui correspondent à 2 types de besoins éprouvés par les hommes, et par les peuples. Là réside la clé de l’impasse européenne actuelle.

l’Europe répond certes au besoin de sécurité entre pays européens - la paix des 50 dernières années démontre qu’elle y répond efficacement- mais l’Europe ne répond en aucun cas au besoin d’accomplissement des peuples des pays européens, c’est à dire à la belle destinée à laquelle chaque nation aspire légitimement et dans laquelle elle trouve sa raison d’être. C’est pourquoi l’on se trompe en présentant aux pays européens l’Europe comme l’Alpha et l’Omega de leur avenir. 
 

En effet, l’Europe comme projet politique ne trouve sa raison d’être qu’en tant que nécessaire association de bon voisinage. À l’instar de la récente Union pour la Méditerranée, L’Europe répond à un besoin, à une nécessité, celle de vivre en paix avec ses voisins. Mais vivre en paix avec ses voisins n’a jamais voulu dire casser les murs et habiter tous ensemble sous le même toit. C’est absurde et pourtant … c’est bien ce qu’il se passe.
 

C’est alors que l’on comprend à quel point le « processus Europe » s’est déréglé, ou plutôt a été détourné de sa fonction première, qui était d’assurer la paix, pour devenir une machine à sortir des idées déconnectées de tout besoin : devenir européen plutôt que français ou allemand, avoir tous les mêmes plaques d’immatriculation, les mêmes tailles de cage à poules, retrouver les mêmes normes d’hygiène et de sécurité partout...
 

Autant l’Europe d’hier, en proposant des coopérations diverses, répondait à la nécessité vitale pour les citoyens des pays européens d’après guerre de rétablir des relations durables et mutuellement bénéfiques entre anciens pays ennemis, autant l’Europe d’aujourd’hui en proposant une homogénéisation des styles de vie et une citoyenneté européenne se substituant aux citoyennetés nationales, ne répond pas, loin s’en faut, à une nécessité vitale pour les citoyens européens. Et le seul fait que l’on cherche à nous présenter les choses comme tel est bien la preuve que l’Europe d’aujourd’hui est une idéologie, et non plus un moyen de répondre efficacement aux besoins réels des citoyens.

Si l’Europe ne répond plus à des besoins réels des citoyens, ce dont les français et les irlandais se sont aperçus, il faut donc, pour la justifier, « créer de nouveaux besoins », un concept qui a fait ses preuves dans nos sociétés de consommateurs.

C’est là qu’intervient le besoin de « protection face à la mondialisation », cher à M. Sarkozy, auquel l’Europe pourrait et devrait répondre, et grâce auquel elle trouverait donc sa nouvelle raison d’être. Mais la réelle menace que craignent les Français n’est pas tant de voir la délocalisation industrielle se poursuivre (ils ont accepté la concurrence internationale et savent désormais qu’il faut se différencier autrement que par le prix, et peu aspirent à être ouvriers spécialisés), mais celle de ne plus pouvoir maîtriser leur destinée. Ce n’est pas des risques de tempête dont ils ont peur, mais du risque de ne plus pouvoir manœuvrer leur bateau. Aussi, s’il est un besoin de protection auquel M. Sarkozy devrait répondre en premier lieu, ne serait-il pas celui qu’éprouvent les citoyens français à l’égard de l’Europe ?

A.B. pour JPF75.com

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