Qui est Nicolas Dupont-Aignan ?

Publié le par Jeunes Pour la France Paris

Nicolas Dupont-Aignan et son parti Debout La République, ancien parti associé à l’UMP, présentent des listes souverainistes aux élections européennes. Le notable de l’Essone pretend être le seul à incarner l’alternance et à pouvoir réaliser l’unité des souverainistes. Est il-le mieux placé pour cela ?
 
Sur quelle légitimité se fonde Nicolas Dupont-Aignan pour incarner le souveranisme?

Contrairement à Philippe de Villiers, il n'est pas parvenu à obtenir les signatures pour se présenter aux élections présidentielles. Brocardant le “souverainisme ringard” de Villiers, l'élu de l'Essonne oublie qu'il ne joue un rôle significatif dans la partition souverainiste que depuis 5 ou 6 ans, alors que le Président du Conseil général de la Vendée se mobilise depuis plus de 15 ans contre l'Europe de Bruxelles, avec des scores plus qu’honorables aux elections européennes (12% en 1994, 13,5% avec Pasqua en 1999 et 7% en 2004, face à une liste menée par le même Pasqua ne rassemblant qu'1,5% des voix). La "ringardise", aux yeux de Nicolas Dupont Aignan, doit sûrement traduire ce qui est, pour l'ensemble des souverainistes de conviction, un label de coherence, de légitimité, de longévité et de sincérité dans le combat que nous menons. Et Philippe de Villiers, qui est aujourd'hui, et depuis plusieurs années, le porte-drapeau médiatique et légitime du souverainisme en France, n’a certainement pas à rougir de ce que recouvre ce qualificatif.


Cohérence politique ?
 
Haut fonctionnaire brillant, Nicolas Dupont-Aignan intègre en 1992 le cabinet du préfet de la région Ile de France, Christian Sautter, devenu ministre socialiste de l'économie sous Lionel Jospin. Ancien rocardien, il rejoint quelques années plus tard le cabinet de François Bayrou en 1993 (le plus européïste des hommes politiques français), lorsqu’il fut Ministre de l’Education Nationale. En 1994, il collabore avec... Michel Barnier, alors ministre de l'Environnement. Et chacun sait que pour travailler dans les cabinets ministériels, un minimum de cohésion idéologique avec le ministre s'impose.

  • Plus fidèle à ses idées, rappelons que Philippe de Villiers, pour ne pas être au service de la nouvelle administration socialiste de l'époque, a démissionné de son poste de sous préfet de Vendôme en 1981, après l'élection de François Mitterrand à la Présidence de la Répubique.

En 2002, Nicolas Dupont-Aignan prend sa carte à l'UMP, en y fondant un “club”, Debout La République. Ce n’est qu’en Janvier 2007 qu’il quitte l’UMP, pour faire ensuite de Debout la République un parti “indépendant”(sauf que l'on apprenait il y a quelques mois le soupçon que fait peser Paul-Marie Coûteaux, son ami de longue date, sur des financements qu'il continuerait de chercher auprès de l'UMP).
 
Dès lors, notre nouveau héraut auto-proclamé du gaullisme entre en croisade pour réssuciter le Géneral. Fustigeant alors le “manque de clareté” de Philippe de Villiers vis-à-vis de Sarkozy, en dépit des alliances NDA-Villiers conclues jadis, l’édile essonien semble oublier que s’il a pu être élu depute en 2007 et maire en 2008, c’est bien grâce au soutien implicite du parti presidentiel, qui n’a investi personne face à lui (or, l'UMP n'avait aucune raison de présenter un candidat contre ce nouvel "opposant" lors des législatives, puisque les voix obtenues à ce scrutin financent les partis politiques).

Reprochant aussi à Philippe de Villiers l'étroitesse de sa base électorale et partisane, en le qualifiant "d'euro-ronchon" (sic) Nicolas Dupont-Aignan, qui fait toujours cavalier seul, parait ignorer les alliances conclues par le MPF avec le leader du NON irlandais, Declan Ganley, et avec Chasse Pêche Nature et Traditions, pour les prochaines élections européennes. La dynamique de rassemblement est clairement du côté de Libertas. Les sondages le prouvent, en accordant environ 6% à 7% des estimations de vote pour Libertas, contre 1 à 2% pour DLR. Et rappelons que lors de la présidentielle de 2007, Philippe de Villiers avait également su capter les renforts de souverainistes venus d'horizons divers. Parmi les soutiens marquants figuraient l'ancien conseiller de Chevènement en 2002, Paul-Marie Couteaux, l'ancien député UMP Jérôme Rivière (aujourd'hui directeur de Campagne de Libertas France), et l'ex-FN Jacques Bompard.

Signalons également que Nicolas Dupont-Aignan est membre de la French American Foundation, association atlantiste et européiste, regroupant de nombreux cadres de l'UMP, du PS et un certain nombre de chefs d'entreprise du CAC 40. Ce qui est manifestement bien curieux pour quelqu’un qui se pretend gaulliste et patriote.

L'offre politique de Nicolas Dupont-Aignan aux européennes ? (Faits et Documents via Le Salon Beige)

"Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan présente d’étranges candidats aux élections européennes. Dans la circonscription Grand Est, la tête de liste est Michèle Vianès, maire adjoint UMP à l’égalité entre hommes et femmes au conseil municipal de Caluire (suspendue fin mars), mais aussi fondatrice du comité local Grand Lyon de Ni Putes ni Soumises et présidente de Regards de femmes, association dont l’un des buts est de «dénoncer les stéréotypes qui enferment filles et garçons dans des comportements attendus». Dans la circonscription Grand Ouest, Christine Tasin, seconde de liste, est une ancienne militante du Parti socialiste qu’elle a quitté en 2002 (en soutenant Jean-Pierre Chevènement) pour dénoncer «la politique de plus en plus libérale menée par Lionel Jospin». Cette militante ultra-laïque, qui a été candidate chevènementiste aux élections législatives de 2007, a milité au Mouvement républicain et citoyen jusqu’au 18 février 2009. Elle a également fondé Les Joyeux Jacobins, qui organisent chaque année une fête spirituellement intitulée Les Sans-Culottides."

Publié dans Politique française

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