Quand les sondeurs montrent leur méconnaissance des véritables clivages politiques

Publié le par Jeunes Pour la France Paris

Scrutin après scrutin, les instituts de sondage occupent dans notre paysage politique une place de plus en plus importante. Pourtant, leurs estimations ont régulièrement été mises à mal par les électeurs.

Disposant donc d'une véritable influence dans les médias, les représentants de ces entreprises écument désormais les plateaux de télévision. Ce lundi soir, c'est Brice Teinturier, directeur de TNS-Sofres, qui était présent sur le plateau d'Yves Calvi (France 2) dont les invités politiques étaient Michel Barnier, Harlem Désir, Daniel Cohn-Bendit et Marielle de Sarnez.


Le patron de la Sofres n'a eu aucun commentaire quant à cet éventail politique, pourtant peu représentatif de la dernière grande consultation européenne. Comme si personne ne se souvenait de la victoire du « non » au traité constitutionnel européen en 2005.


Et ce n'est pas la seule chose que l'on peut reprocher à Brice Teinturier, expert autoproclamé de notre sphère politique. Ainsi, le sondeur n'a pas pu résister à l'envie de faire l'inventaire des voix « de droite » et des voix « de gauche »... oubliant par là même que ce clivage n'était en aucun cas valable pour les scrutins européens, l'UMP et le PS s'entendant fort bien à Strasbourg (ils votent 97 fois sur 100 ensemble !) tandis qu'une autre droite - celle qui est attachée à ses valeurs - se refuse à entériner la perte de souveraineté de la France (c'est aussi le cas, à gauche, des chevènementistes) et que la gauche d'inspiration socialo-communiste rejette cette Europe trop éloignée - à ses yeux en tout cas - de la grande Internationale.


Il devient alors très difficile de se fier aux sondages réalisés par des instituts insensibles à la réalité des clivages politiques. Si l'on ajoute à cela l'incapacité des journalistes à faire débattre de réels adversaires politiques, l'absence de mobilisation dans les bureaux de vote qui marquera le scrutin de ce 7 juin ne fait plus aucun doute. C'est dommage, quand on sait que le parlement européen est à l'origine (sans en être l'initiateur, la tâche incombant à des commissaires dépourvus de toute légitimité) de plus de 80 % des textes votés par le parlement français.

Publié dans Europe

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